26 octobre 2009

1500 VISITEURS POUR UNE USINE !

Photo 313.jpgJ'ai été très surpris par le succès phénoménal de la journée porte ouverte organisée Samedi dernier dans l'entreprise que je dirige. Près de 1500 visiteurs en une matinée pour visiter une usine ! Ce succès, c'est bien entendu une réussite collective, celle d'une véritable équipe de 280 personnes. C'est le symbole aussi d'un retour aux vraies valeurs: emplois, exportation, innovation, excellence industrielle.

Nous avons voulu faire la démonstration qu'il est encore possible en France de croire en l'avenir et de tenir le rang de notre cher et vieux pays dans la compétition mondiale.

Merci à tous nos visiteurs du Gâtinais ou au-delà, aux parlementaires, à M. le Préfet de région, aux très nombreux élus, représentant des services officiels et... aux Bellifontains présents.


Photo 289B.jpgDiscours prononcé le 24 Octobre 2009

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le Préfet, Madame le Sous-préfet,

Mesdames et Messieurs les représentants des services officiels et des établissements d'enseignements,

Chers confrères de l'industrie,

Chers amis visiteurs,

Je voudrais vous dire le plaisir que nous avons à vous recevoir ici, à Ferrières en Gâtinais, au sein de l'usine principale de la société REDEX. Votre présence nous va chaud au cœur, vous nous faites un très grand honneur en venant visiter cette usine qui est le coeur de notre entreprise.

Je souhaite en premier lieu remercier les municipalités de Ferrières, Villemandeur, Fontenay et Louzouer qui nous ont apporté un soutien logistique sans lequel cette matinée porte ouverte n'aurait pu avoir lieu. Un remerciement tout particulier à M. Larcheron, Maire de Ferrières, et ses équipes. Merci également aux entreprises Tinet et Dussoulier pour leur assistance.

Je vais en quelques mots vous retracez l'histoire de notre entreprise, cette histoire c'est un petit morceau de celle de notre pays. C'est d'abord l'histoire d'un homme, Paul Defontenay, mon grand-père. Né en 1913 à Thomery près de Fontainebleau, Ingénieur de l'école des Arts et Métiers, résistant durant la seconde guerre mondiale, il crée en 1949 à l'âge de 36 ans la société Redex à Ivry sur Seine pour exploiter un brevet qu'il vient de déposer. Ce sera le début d'une aventure industrielle de 60 ans, qui verra l'entreprise se développer en France durant les 30 glorieuses puis dés les années 60 à l'étranger avec la création d'une première filiale en Angleterre. En 1971, Redex suit le mouvement de décentralisation et quitte la banlieue parisienne pour s'installer à Ferrières en Gâtinais.

Le développement de l'entreprise a, dés ses origines, été basé sur des valeurs qui sont toujours les nôtres aujourd'hui : l'innovation, l'internationalisation et l'excellence industrielle.

- l'innovation : car une des clefs de notre longévité c'est notre capacité à sans cesse développer de nouveaux produits. Nos bureaux d'études (plus de 30 ingénieurs et techniciens) déposent chaque année plusieurs brevets, près de 75% de notre chiffre d'affaires est réalisé avec des produits qui n'existaient pas il y a encore 5 ans.

- l'internationalisation : nous sommes aujourd'hui présents dans 7 pays à travers nos filiales et nous exportons près de 90% de notre production; en 2008 nous avons vendus nos produits dans 52 pays différents ! L'export est pour nous une culture très forte, la totalité de nos ingénieurs, cadres et techniciens parlent 1 voire 2 ou 3 langues étrangères. Ici même à Ferrières, nous employons plusieurs ingénieurs étrangers dont un jeune ingénieur chinois. Pour nous la mondialisation est source de développement car elle génère de nouvelles opportunités. Près de 25% de notre chiffre d'affaire est par exemple réalisé en Asie.

- l'excellence industrielle : dans nos métiers, la capacité à livrer à l'heure des produits de grande qualité est un facteur majeur de compétitivité. Nous avons investi près de 10M€ durant les 4 dernières années pour moderniser notre outil industriel. Nous croyons au « Made in France ». Sur des produits à haute valeur ajoutée, la France peut rester compétitive, nous en faisons ici la démonstration.

Notre rôle nous le voyons comme celui d'un « créateur de richesse » : nous transformons des barres et des tôles d'acier en machines. Partir d'un lopin d'acier et finir avec une machine exportée à travers le monde, est notre fonction. Redex n'est pas à proprement parler une « mine d'or », mais notre société a bel et bien comme fonction de créer de la richesse : nous injectons ainsi plus de 30M€ de « richesse » chaque année dans l'économie de notre pays à travers les salaires versés à notre personnel, les charges sociales, les impôts et les taxes payés à la collectivité...

Si notre société n'existait pas, ces « 30M€ de richesse créés » profiteraient sans doute à l'Allemagne, à l'Italie ou à un autre grand pays industriel. A l'inverse, si notre pays contait 1000 sociétés de plus comme la notre, il serait sans doute à l'abri du chômage, des déficits et n'aurait aucune difficulté à maintenir le niveau de vie que nous connaissons actuellement.

Notre rôle, comme je le disais, c'est de « créer de la richesse ». Cette richesse passe bien entendu par les hommes. Des centaines d'hommes et de femmes se sont formés, se sont intégrés à travers le travail dans notre entreprise.

Chaque année plusieurs apprentis, des dizaines de stagiaire de la 3ème jusqu'aux grandes écoles se forment dans nos ateliers et nos bureaux. Nous multiplions les partenariats avec les lycées techniques, IUT et écoles d'ingénieurs. A travers une politique de formation continue ambitieuse nous développons sans cesse la qualification de nos collaborateurs.

Nous maintenons ainsi en France plusieurs centaines d'emplois directs qualifiés voire très qualifiés.

Notre société est totalement immergée dans la compétition mondiale, nos concurrents sont allemands, italiens, américains ou japonais. Contrairement à d'autres secteurs de l'économie comme le commerce ou les services publics, notre activité n'est pas définitivement liée à la France, elle peut être délocalisée dans tout autre pays industriel. Cette fonction de « création de richesse » dont je parle, nous ne pouvons l'accomplir en France que si nous sommes compétitifs (c'est notre travail de dirigeant de REDEX) et si l'environnement dans lequel nous évoluons est compétitif (c'est le travail de ceux qui dirigent nos territoires et notre pays).

Taxe professionnelle, système scolaire, apprentissage des langues étrangères, réglementation, valeur travail... autant de thèmes qui, si nous ne sommes pas à armes égales avec nos concurrents, peuvent être des facteurs de non compétitivité pour les entreprises industrielles et peuvent conduire à la disparition de la fonction « création de richesse ».

REDEX est dans la compétition mondiale, nos territoires, notre organisation collective le sont aussi. Nous, collectivement : entreprise, état, collectivités locales, devons être compétitifs.

C'est un message simple que je voulais rappeler en votre présence en célébrant notre 60ème anniversaire.

Aujourd'hui, nous avons voulu vous présenter une autre image de l'industrie que celle que pendant longtemps ont eu nos élites. Celle de l'industrie sale et bruyante, des cheminées qui fument... Pendant longtemps nous avons cru, ou plutôt on a essayé de nous faire croire que nous n'étions nous, PMI, plus que des anachronismes et que l'avenir était aux seuls services, au tertiaire... Nous avons souffert de ce désamour pour l'industrie, pour les usines.

Nous, nous avons toujours pensé que l'industrie constitue les fondations de toute économie. Nous sommes certains qu'un pays sans industrie est un pays qui chôme, qui exclu et qui s'appauvrit.

Nous avons besoin de votre soutien pour être efficace, votre présence aujourd'hui nous va droit au coeur.

Je vous remercie de votre écoute. Le cocktail est ouvert !

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